MT180 : Moment d’échange avec Florine Écale et Charlotte Pichot


La demi-finale du concours « Ma thèse en 180 secondes » se déroulera du 4 au 6 avril 2019 à Paris. En attendant cette demi-finale, la ComUe Léonard de Vinci vous propose de découvrir les deux doctorantes qui ont été sélectionnées pour participer à ce nouveau challenge !

Rencontre :

Florine Écale

1/ Pouvez-vous revenir sur votre parcours universitaire ?

J’ai passé un baccalauréat scientifique, ensuite j’ai poursuivi mon cursus universitaire à Poitiers en licence de Biochimie, Biologie Moléculaire et Cellulaire et Génétique (BBMCG), puis, en master Biologie Moléculaire et Cellulaire (BCM). Aujourd’hui, je prépare ma thèse au laboratoire Ecologie et Biologie des Interactions (EBI) dans l’équipe Microbiologie de l’Eau (MDE) et je suis en 2ème année. En parallèle je suis chargée de TD et de TP à l’Université de Poitiers.

2/ Sur quoi porte votre thèse ?

Je travaille sur le microbiote intestinal, appelé aussi la flore intestinale. Le microbiote intestinal est constitué de tous les microorganismes et notamment des bactéries que l’on possède dans nos intestins. Il est composé de milliards de bactéries bénéfiques pour le corps représentant environ 2 kg de notre poids total. Sans cette flore intestinale nous ne pourrions pas digérer certains aliments ou nous défendre contre les bactéries pathogènes. Mais parfois la prise d’un médicament va perturber le bon équilibre de toutes ces bactéries. Comme c’est le cas par exemple avec les antibiotiques provoquant souvent des effets secondaires. C’est parce que l’antibiotique va détruire les bactéries pathogènes mais aussi les bonnes bactéries.

J’effectue des recherches afin de reconstruire une flore intestinale de manière artificielle. L’objectif est de tester l’effet des médicaments actuellement commercialisés ou nouvellement synthétisés sur les bonnes bactéries composant le microbiote intestinal. Actuellement, je focalise mes recherches sur l’effet des antibiotiques (amoxiciline, augmentin…) et d’autres molécules sur les bonnes bactéries du microbiote intestinal. Pour cela, nous avons sélectionné 50 espèces de bactéries que nous possédons tous, pour recréer un microbiote artificiel et l’entreprise avec qui je travaille me fournit des molécules pour les tester sur les bonnes bactéries du microbiote intestinal. L’objectif est de mieux comprendre l’effet des médicaments sur les bactéries du microbiote intestinal.

3/ Pourquoi avoir choisi de participer au concours MT180 ?

J’ai connu l’existence du concours en 1ère année de thèse mais je n’avais pas assez de recul pour parler de mon sujet. Cette année nous étions 3 doctorants du laboratoire intéressés par l’expérience, il y a eu un effet de groupe. Nous nous sommes motivés les uns les autres.

4/ Comment vous êtes-vous préparée à cet exercice ?

Il a d’abord fallu écrire mon texte de présentation, établir une trame, trouver les idées, y ajouter quelques traits d’humour… Pour moi, le plus compliqué c’était la diapositive.

Pour le reste, Nicolas Hay, notre coach, nous a bien aidé lors des séances de préparation (nous en avons eu 4).  Nous avons appris comment se déplacer, se déstresser, nous avons fait des exercices de respiration, de relaxation, d’expression scénique en pratiquant des jeux théâtraux. Ce sont des exercices très intéressants et très utiles car nous pourrons réutiliser ces conseils pour d’autres situations (entretien d’embauche…). Nous avons passé un très bon moment tous ensemble, il y avait vraiment un soutien de groupe. Cette expérience nous a également permis de belles rencontres.

Je dirais peut-être que le plus difficile dans cet exercice a été la gestion du temps.

5/ Le 11 mars dernier à la finale régionale de la ComUE UCLdV, vous remportez le 1er prix du jury, que représente ce prix pour vous ?

Je ne m’y attendais pas ! J’ai participé à MT 180 pour m’amuser ! C’est une satisfaction personnelle, je me dis que j’ai réussi à faire passer un message, à vulgariser mon travail de recherche. Ça m’a fait plaisir car cela valorise aussi le laboratoire dans lequel de travaille et ce qu’on y fait en recherche.

6/ Et la suite ?

Prochaine étape la demi-finale MT 180 à Paris du 4 au 6 avril ! Nous sommes 56 doctorant.e.s à être sélectionnés, je suis assez compétitrice et je vais faire de mon mieux pour aller plus loin !

Concernant l’après thèse, j’aimerais poursuivre dans la recherche. J’aime bien l’enseignement, donc pourquoi pas devenir enseignant-chercheur, après avoir fait un post-doc (une ou deux années de recherches intensives à l’étranger).

[Question subsidiaire sur l’égalité entre femmes et hommes]

Cette finale régionale ComUE UCLdV est 100% féminine, bravo mesdames ! On dit souvent que les chercheuses sont sous-représentées dans l’enseignement supérieur, le recherche et l’innovation, qu’en pensez-vous ?

Dans mon domaine de recherche, en thèse c’est assez équilibré. Dans le laboratoire au niveau des postes c’est 50/50, il y a la parité entre les hommes et les femmes. Je pense que cela varie en fonction des disciplines.

Redécouvrez la prestation de Florine

 


Charlotte Pichot

1/ un petit mot sur votre parcours…

Je suis titulaire d’un baccalauréat Economique et Social (ES). Ensuite j’ai intégré une prépa à Paris. J’ai une licence d’histoire, un master recherche Études Médiévales. Mon travail portait sur l’avortement et l’infanticide au Moyen Âge. Une fois mon master en poche, j’ai passé mon agrégation pour enseigner. En 2015, j’ai obtenu une bourse pour faire ma thèse, je suis en 4ème année.

2/ Vous avez participé au concours MT 180 et remporté le prix du public à la finale régionale de la ComUE UCLdV, d’où vous est venue l’idée de faire ce concours ?

Je connaissais quelques doctorants qui avaient déjà concourus les années précédentes et mon directeur de thèse, Martin Aurell, m’en avait parlé. Avant de m’y inscrire, je souhaitais être avancée dans mes recherches, avoir plus d’idées.

3/ Comment vous êtes-vous préparée à ce concours ?

L’exercice le plus difficile fut de faire la synthèse de 4 années de thèse. Il a fallu faire des choix pour résumer mon travail de recherche, c’est frustrant car j’avais plein d’idées. J’ai trouvé une accroche pour montrer que mon sujet est toujours d’actualité. L’exercice de la diapositive m’a demandé un temps de réflexion. Je ne voulais pas illustrer mon sujet avec quelque chose de « glauque ». J’ai donc fait simple pour permettre au public de suivre mon discours.

Mes collègues et moi avons bénéficié d’une formation en techniques d’expression et communication orale organisée par l’Université de Poitiers.  Au passage je remercie François Baty-Sorel, Nicolas Hay (notre coach) et Vinciane Cote qui nous ont préparé à l’intervention. Cette formation nous a permis d’acquérir des notions en tenue scénique, en diction, en gestion de stress… Je remercie également mon entourage (les membres du laboratoire, ma famille, mes amis) à qui j’ai présenté mon discours, ils m’ont aidé en m’apportant des corrections.

4/ Qu’est-ce que ce concours vous a apporté ?

Mt180 m’a permis de vulgariser mes travaux de recherche auprès du grand public. Ensuite, le concours m’a permis diffuser ma recherche, de me faire connaître d’avantage, de prendre confiance en moi par rapport au sujet. J’ai vu que le thème plaisait, j’ai pu juger de l’intérêt de mes travaux à travers l’accueil réservé par les spectateurs. Je pense que cette expérience est une victoire pour tous les participants !

5/ Et votre sujet de thèse, racontez-nous ?

En master j’ai travaillé sur l’avortement et l’infanticide, durant ma thèse j’ai utilisé les mêmes sources judiciaires et j’ai voulu rendre-compte que la plupart des infanticides concernaient les femmes hors mariage. Les femmes ayant peur de la réaction de leur entourage préféraient donc tuer leur enfant. Cela m’a questionnée, je voulais me pencher sur les conditions  des femmes, le rapport entre le corps féminin et le crime à la fin du Moyen Âge. C’est un sujet très large, car il concerne l’adultère, les viols, les insultes, l’avortement, l’infanticide, la prostitution, mais aussi les homicides et autres violences qui concernent de près ou de loin le corps féminin…  J’essaie de comprendre comment tous ces crimes gravitent autour du corps féminin. Je vais aux archives nationales, je photographie les affaires judiciaires, je les retranscris, les enregistre dans ma base de données, je fais des calculs, des statistiques… Au final, j’en conclus que l’identité des femmes dépend souvent de ce qui se passe sous leur jupe !  Les femmes sont considérées et jugées en fonction de ce qu’elles font de leur corps, raison pour laquelle, elles sont fréquemment identifiées comme « bien gouvernées de leur corps » ou au contraire comme « mal gouvernées de leur corps ».  Ce qu’il faut retenir c’est que le corps joue un rôle important dans la définition de l’identité des médiévaux et notamment des femmes médiévales.

[Question subsidiaire sur l’égalité entre femmes et hommes]

Cette finale régionale ComUE UCLdV est 100% féminine, bravo mesdames ! On dit souvent que les chercheuses sont sous-représentées dans l’enseignement supérieur, le recherche et l’innovation, qu’en pensez-vous ?

Dans mon domaine de recherche, il y a de plus en plus de maîtresses de conférence. Je trouve qu’il y a du progrès.

Redécouvrez la prestation de Charlotte

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Tél. +33 (5) 05 55 14 91 00