Loi Avenir Professionnel : 3 questions à Frédéric Tron



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Vice-président à la Formation Tout au Long de la Vie à la ComUE UCLdV et à l’université de Limoges, Frédéric Tron s’exprime sur la loi « Avenir Professionnel ».

ComUE UCLdV : A propos de la loi « Avenir Professionnel », quels sont les impacts de cette réforme pour les acteurs et les bénéficiaires de la formation professionnelle ?

Frédéric Tron : L’ambition de la loi du 5 septembre 2018[1] est de libéraliser le marché de la formation professionnelle : accès facilité et efficace pour les apprenants, régulation du marché pour les organismes de formation. L’application CPF[2] en est un bon exemple : à la fin 2019 toute personne ayant déjà travaillé pourra mobiliser son compte personnel de formation pour acheter une formation grâce à une application dédiée. Moteur de recherche, évaluation, rapidité, paiement en ligne si nécessaire, on y trouvera tous les ingrédients des applications à succès comme Airbnb ou Booking.

Première et importante conséquence, convergente avec celle de la loi ORE[3], la loi Avenir Pro place les compétences au centre de la réforme en les considérant dans un contexte professionnel qu’il soit à long ou court terme, qu’elles soient disciplinaires ou transversales. Il faut être conscient que désormais tout diplôme nécessite règlementairement d’être découpé en blocs de compétences. Pour les bénéficiaires, c’est-à-dire les apprenants mais aussi les entreprises, c’est le pari d’une meilleure lisibilité et d’une meilleure adéquation entre formations et besoins en compétences des entreprises. Pour les établissements d’enseignement supérieur c’est un travail majeur qui consiste à repenser la structuration des formations mais aussi une opportunité de mettre en valeur certaines compétences des apprenants, en particulier les softskills.

Autre impact et non des moindres, la loi Avenir Pro renforce les indicateurs qualité du décret qualité[4] de 2015 et les étend à l’apprentissage. On pourrait penser que la formation initiale y échappe mais il est clair que la conférence annuelle prévue par le législateur entre France Compétences et le HCRES aura pour résultat de faire converger certains indicateurs d’évaluation vers ceux relevant de la qualité. On est donc passé de la qualité de la formation continue à la « qualité de la FTLV ». Si c’est bien sûr rassurant pour les apprenants et les entreprises cela nécessite un travail important et au long cours pour les organismes de formation.

ComUE UCLdV :  Avez-vous mis en place, une action, un projet, un dispositif pour faciliter la mise en place de la FTLV dans les établissements membres de la ComUE ?

Frédéric Tron : Conformément à la feuille de route de la ComUE, j’ai initié un groupe de travail qui est constitué des acteurs principaux de la FTLV des établissements membres. La liste de diffusion correspondante permet de facilement communiquer l’information FTLV – très riche en cette période de réforme, et le groupe de travail se réunit en visioconférence environ toutes les six semaines. En marge de celui-ci des actions spécifiques sont menées, pour répondre à des questions plus particulières comme, par exemple, le développement de l’alternance dans les écoles d’ingénieurs.

Avec l’aide de Sylvaine ROI, responsable FTLV à l’Université Confédérale Léonard de Vinci (ComUE UCLdV)  , nous travaillons également à la mise en œuvre d’une cartographie FTLV dont le but est d’établir un état des lieux à partir duquel il sera possible de mesurer le développement de la FTLV et de communiquer pour s’assurer que chaque opportunité de formation pourra être effectivement saisie par les établissements intéressés. C’est aussi l’occasion d’apporter un regard distancié sur les mécanismes de référencement de l’offre de formation et d’en faire profiter chaque établissement.

ComUE UCLdV : Le 17 juin 2019, la ComUE Léonard de Vinci organisait les « Rencontres de la FTLV », quels étaient les objectifs de cette ½ journée ?

Frédéric Tron : Lors des réunions du groupe de travail FTLV, il est apparu le besoin de réunions portant sur des points techniques précis qui pouvaient poser problème, le retour d’expérience des établissements étant alors particulièrement précieux. J’ai donc proposé le principe des Rencontres de la FTLV, réunions présentielles organisées autour de quelques thèmes, chacun donnant lieu à une présentation de 15 min suivi d’un échange de 30 min, les participants n’étant pas limités aux membres du groupe de travail.

La première s’est tenue à Limoges à propos de la Qualité, des CGV/CGU et de la tarification dans le cas des publics mixtes. Les échanges entre les dix participants ont été très riches et près du terrain, ce qui a été unanimement apprécié. La seconde éditions de ces rencontres est programmée pour l’automne et sera animée cette fois par l’Université de Poitiers.


[1] Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel

[2] Compte Personnel de Formation : compte crédité chaque année travaillée de 500€ pour un emploi à temps plein, dans la limite de 5000€, application pour smartphone et site internet dédié : https://www.moncompteactivite.gouv.fr/cpa-public/

[3] Loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants

[4] Décret n° 2015-790 du 30 juin 2015 relatif à la qualité des actions de la formation professionnelle continue

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