Le fonctionnement du doctorat en France

 

Le doctorat est une formation par la recherche, dans un laboratoire ou unité de recherche et il est organisé par l’une des 270 écoles doctorales françaises.

Ce travail est couronné par :

  1. la soutenance d’une thèse devant un jury
  2. et la validation de formations doctorales durant le cursus

DOCTORAT OU THÈSE ?

Le mot thèse est souvent confondu avec le mot Doctorat.

Le doctorat est le nom du diplôme que vous obtiendrez, qui est le plus haut diplôme délivré à l’université et internationalement reconnu. La période de préparation du doctorat est souvent appelée la thèse, on dit que l’on s’inscrit en « thèse », ce qui signifie s’inscrire en doctorat.

La thèse fait référence au document que vous devrez écrire et présenter à un jury pour obtenir votre diplôme de doctorat. On a tendance à parler de « faire une thèse » au lieu de « faire son doctorat ».

Et vous devrez réaliser votre doctorat sous la supervision d’un « Directeur de Thèse », qui vous guidera tout au long de votre doctorat. Vous devez avoir identifié un directeur de thèse, qui aura accepté de vous encadrer, avant de commencer votre doctorat.

COMPLÉMENT D’INFORMATIONS  : Le rendez-vous thématique du doctorat / Cette série à destination de tous les acteurs du doctorat est destinée à présenter les bonnes pratiques qui permettent d’élaborer et mener un projet doctoral à son terme dans de bonnes conditions. Certaines fiches s’adressent plus spécifiquement aux chercheurs doctorants, aux directeurs doctoraux, aux directeurs d’école doctorale ou aux autres acteurs du doctorat.

https://cjc.jeunes-chercheurs.org/doctorat-a-la-loupe/

Où FAIRE SON DOCTORAT ?

Le Doctorat se prépare dans toutes les universités ainsi que dans la plupart des grandes écoles d’ingénieur, de management et même d’art, qui sont généralement associées avec une université. Le doctorat est le plus élevé des diplômes internationaux et il s’obtient au bout de 3 ans (plutôt en sciences « exactes ») à maximum 6 ans (plutôt en sciences humaines et sociales).

DANS UNE UNITE DE RECHERCHE, ENCADRÉ PAR UN DIRECTEUR DE THÈSE

Le doctorat en sciences exactes se fait dans un laboratoire de recherche à temps plein, en interaction quotidienne avec vos collègues.
En sciences humaines et sociales, le travail se fait bien souvent de manière plus individuelle, et ne requiert pas une présence quotidienne dans un laboratoire de recherche. Vous serez souvent basé à votre domicile, avec la possibilité de venir régulièrement rencontrer votre directeur de thèse et venir travailler à la bibliothèque de l’université ou de l’école.

Près de 15 000 doctorats sont délivrés en France chaque année : 46 % en sciences et techniques, 20% en Biologie-Santé, 20 % en sciences humaines et 14 % en sciences sociales.

LES ÉCOLES DOCTORALES

Le doctorat est organisé par des « écoles doctorales », 270 écoles doctorales sont rattachées aux 2500 laboratoires de recherche publique répartis sur l’ensemble du pays. Chaque Ecole Doctorale fédère plusieurs laboratoires de recherche.
Ce sont les Ecoles Doctorales qui organisent et encadrent les activités des doctorants, notamment les formations doctorales complémentaires en méthodologie, communication, rédaction d’articles scientifique, création d’entreprise, propriété intellectuelle, etc. A Poitiers, ces formations complémentaires correspondent à  90 heures de cours réparties sur la durée totale du doctorat.

Les écoles doctorales organisent aussi votre inscription en doctorat, et organisent aussi, en collaboration avec votre directeur de thèse, le suivi de l’avancement de votre travail.

RÉDIGER ET SOUTENIR VOTRE THÈSE

En plus des activités expérimentales ou d’étude, vous aurez à rédiger une thèse, qui est un document dont le nombre de pages dépend de la discipline. Vous pouvez aussi inclure à votre thèse les articles que vous aurez publiés dans des revues scientifiques. Sa rédaction prouve que vous avez acquis un certain nombre de compétences : esprit de synthèse, sens critique, connaissances bibliographiques, etc.
Une fois la thèse rédigée, elle doit être validée par 2 rapporteurs, et vous aurez ensuite le droit de « soutenir » votre thèse, ce qui signifie que vous pourrez la présenter à l’oral devant un jury. Cette épreuve orale vous permet d’exposer la méthode de recherche et ses résultats avant d’en débattre avec les membres du jury. La soutenance de thèse est généralement publique.

Cette soutenance, et la thèse elle-même sera publiée par l’université et sur le site www.theses.fr.

Le collège doctoral adopte deux cas de rédaction du manuscrit de thèse :

  • Une voie dite classique : la rédaction du manuscrit de thèse est conforme au modèle disciplinaire et à l’environnement de chaque école doctorale thématique. Elle est rédigée en Français conformément au code de l’éducation nationale (L.123-3[1]). Selon un contexte particulier (une thèse cotutelle ou codirection), une dérogation peut être accordée pour une rédaction en langue étrangère.
  • La thèse par articles qui permet d’intégrer des articles publiés ou prêts à être publiés dans des revues à comité de lecture reconnues dans le domaine disciplinaire de la thèse: ce type de rédaction pose trois problèmes :

Comme les établissements de Poitiers ont adopté le dépôt légal de la thèse et sa diffusion, tous les manuscrits de thèse sont soumis à un logiciel « anti-plagiat » ; il faudrait veiller à nuancer le taux élevé du pourcentage de similitudes qui s’y glisse, de celui d’un cas de plagiat classique

Le travail des rapporteurs doit être facilité ; en effet, cette tâche éminemment importante pour la préservation de la qualité du grade de doctorat, ne doit en aucun cas se résumer à commenter ou contredire les référées d’articles publiés.

Dans le cas où la décision est prise de rédiger une thèse sur travaux, l’impétrant doit avoir les droits de l’éditeur de reproduire les articles pour protéger l’établissement lors des dépôt & diffusion de la thèse.

Le doctorant doit être l’auteur principal des articles, respecter les droits des co-auteurs et vérifier les droits de diffusion conformément au contrat établi avec l’éditeur de la revue.

La thèse doit être rédigée en Français sauf si une dérogation de rédiger en langue anglaise a été accordée (selon règlement de scolarité en cours).

Il appartient donc aux rapporteurs de juger si le manuscrit de thèse respecte les exigences de qualité attendues d’un travail de thèse (valeur scientifique et contribution personnelle).

Les rapporteurs ne doivent pas être co-auteurs des articles intégrés dans le mémoire de thèse, ni avoir déjà publié avec le doctorant

1. – La maîtrise de la langue française et la connaissance de deux autres langues font partie des objectifs fondamentaux de l’enseignement.

2. – La langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères, ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers.

Les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international, ne sont pas soumis à cette obligation.

La thèse par articles ne doit pas être une simple juxtaposition des articles mais doit mettre en évidence les liens entre les articles et la démarche qui a été menée au cours du projet doctoral pour atteindre les objectifs fixés. La thèse par articles doit donc respecter les normes de présentation des manuscrits de thèse des établissements de Poitiers, à savoir :

Le titre (en page de couverture), l’introduction générale, et la conclusion générale doivent être rédigés en Français. Un résumé en Français doit précéder chaque article.

Dans un avant-propos ou dans l’introduction, il est souhaitable de spécifier qu’elle est la contribution personnelle de l’impétrant dans le cas de travaux d’équipe.

Même si les principaux résultats sont présentés sous forme d’articles publiés ou prêts à l’être, le manuscrit de thèse doit satisfaire aux exigences de l’exercice attendu dans le cadre d’un travail académique de niveau doctorat, à savoir constituer un ensemble cohérent et original (cf. arrêté du 25 mai 2016) et permettre d’apprécier la valeur individuelle du doctorant (part du travail personnel par rapport au travail collectif), car in fine le doctorat reste un examen. Par conséquent, le manuscrit de thèse doit être structuré et peut s’organiser en fonction de la progression suivante :

  • Une introduction générale
  • Un état de l’art comprenant des éléments de présentation méthodologie et un positionnement de la contribution dans l’espace bibliographique ; cette section doit aboutir à la mise en place d’une problématique et la mise en perspective des articles les uns par rapport aux autres
  • Une présentation et intégration de chacun des articles qui doivent être conçus de manière à constituer un chapitre ou une partie de chapitre de la thèse,
  • Une discussion générale des résultats
  • Une conclusion.
  • Le mémoire peut éventuellement contenir des annexes et une partie regroupant les références bibliographiques.

Dans le cas où chacun des articles en Anglais constitue un chapitre, cela n’empêche pas que le texte et la présentation doivent être adaptés en conséquence, ce qui nécessite par ex, d’éliminer les portions superflues et de présenter les articles à l’état de manuscrits et non comme des tirés à part ou des photocopies des publications. Les parties prenantes (doctorant et directeur-s de thèse) doivent s’assurer que les droits d’auteur sont respectés et que la publication éventuelle d’un ou des articles n’entrave pas la diffusion de la thèse par le Service Commun de Documentation de l’établissement.

LES DIFFÉRENTS TYPES DE DOCTORATS

Le doctorat « simple »

C’est la manière la plus courante de réaliser son doctorat, 3 à 6 années dans le même laboratoire de recherche. Et c’est un diplôme français qui sera obtenu. L’inscription et la soutenance de thèse ont lieu dans un seul établissement, et la thèse est réalisée sous la direction d’un seul directeur de recherche.

 

Le doctorat en codirection

Le doctorat en codirection signifie que vous aurez 2 directeurs de thèse. Un directeur de thèse dans le laboratoire principal, dans l’établissement dans lequel vous êtes inscrit, et un autre directeur de thèse, généralement dans un autre établissement, en France ou dans un autre pays.

L’inscription et la soutenance de la thèse ont lieu uniquement dans l’établissement du directeur de thèse principal, ce qui signifie que vous obtiendrez le diplôme de cette université.

C’est une modalité intéressante et facile à mettre en œuvre qui vous permet de réaliser votre doctorat dans le cadre d’une collaboration internationale.

 

Le doctorat en cotutelle

Le doctorat en cotutelle est un doctorat en codirection qui permet de recevoir un diplôme de chacune des universités d’origine des 2 directeurs de thèse.

Il se déroule au sein d’un établissement français et d’un établissement étranger et permet la délivrance de deux diplômes délivrés par chacun des établissements (et parfois d’un seul diplôme conjoint, avec le nom des 2 établissements).

L’inscription se fait dans les deux établissements par le biais d’une convention établissant les modalités de la cotutelle.

Dans cette convention tout doit être précisé : dans lequel des deux établissements la soutenance de thèse aura lieu ? Qui paiera les frais de déplacement du jury ?

Chaque année, le doctorant doit s’inscrire dans les deux établissements de rattachement, mais ne doit payer que dans un seul. Ceci doit être aussi précisé dans la convention de cotutelle.

 

Le doctorat en entreprise (CIFRE)

Faire son doctorat en entreprise est une excellente opportunité pour se confronter au monde économique. Le dispositif CIFRE permet de faire son doctorat dans une entreprise, en lien avec une université publique. Dans ce cas, un peu comme une codirection, vous aurez un directeur de thèse, professeur d’université, et un encadrant dans l’entreprise. Vous êtes salariés de l’entreprise, qui reçoit une subvention de l’état, et vous obtenez un diplôme de l’université.

 

Le Doctorat par le Validation des Acquis de l’Expérience ( VAE)

– Depuis 2002, une personne engagée dans la vie professionnelle depuis au moins 3 ans peut obtenir tout ou partie d’un diplôme par « validation des acquis de l’expérience (VAE) ». Cette règlementation s’applique à tous les diplômes universitaires, y compris le doctorat. Le demandeur doit faire la preuve de la correspondance entre ses acquis professionnels et personnels et les prérogatives du doctorat. Ce dernier sanctionne la reconnaissance du caractère original d’une démarche de recherche dans un domaine scientifique ou technologique, la maîtrise d’un sujet de recherche ainsi que la capacité à construire une stratégie de recherche scientifique, à la mettre en œuvre et à en exploiter les résultats.
– L’Université de Poitiers a mis en place, dès 2003, une structure, le SAFIRE https://college.ed.univ-poitiers.fr/wp-content/uploads/sites/58/2014/06/vademecum_VAE_doctorat_SAFIRE_bk.pdf, chargée de l’accompagnement des demandeurs et de l’organisation de la procédure. Les modalités d’application au doctorat ont été approuvées par le Conseil d’Administration de l’Université de Poitiers en 2013.

– La procédure comprend quatre étapes :
1. Accueil, information et orientation.
2. Recevabilité administrative et pédagogique.
3. Rédaction du dossier VAE.
4. Soutenance devant un jury VAE.

– Ainsi, la VAE permet le lien entre l’expérience professionnelle, la recherche de haut niveau et l’obtention de la plus haute certification universitaire.

 

PRÉPARER UN DOCTORAT EN LANGUE ANGLAISE

En sciences exactes, en sciences de l’ingénieur et en biologie, aucun niveau de français ne vous sera a priori demandé pour préparer un doctorat.Les échanges avec le directeur de recherche se font en anglais. Le doctorant peut recevoir des cours de français pendant son séjour mais la thèse peut être écrite et soutenue en langue anglaise exclusivement. Seul le résumé du travail de recherche devra être traduit en français.

En sciences humaines et sociales, un bon niveau de français est souvent requis (généralement B1 ou B2).

Guide pratique du doctorant-1

https://cjc.jeunes-chercheurs.org/doctorat-a-la-loupe/